Historique

De 1912 à 1944, soit pendant 32 ans, l'école a pour directeur un personnage très marquant, Louis Trincano. Son long règne est riche en événements, Trincano est un ancien élève diplômé de l'école, il devient fabricant d'horlogerie à Besançon et accède même à la fonction de secrétaire du syndicat de la fabrique ; il obtient en 1921 la nationalisation définitive de fait de l'école, par une révision du décret de 1891.


Dès 1923, le projet de la construction d'un nouvel établissement est lancé et en 1924, Monsieur Labbé, Directeur Général de l'Enseignement technique, est en visite à Besançon. Le site de l'Avenue Villarceau est choisi, et les travaux sont confiés à l'architecte Guadet. En 1931, les locaux accueillent non seulement l'école proprement dite mais également dans l'aile sud, l'Institut de Chronométrie qui relève de l'université sous la direction de Monsieur Jules Haag. Le 2 juillet 1933, le Président Albert Lebrun inaugure la nouvelle école à l'architecture très caractéristique de l'époque (entre Art Déco et constructivisme). Entre temps dès 1928, une section de bijouterie est créée.

Dès avant 1938, on constate que les bâtiments créés au début des années 30 s'avèrent déjà insuffisants et le projet de création d'un internat sur un terrain voisin du Lycée date de cette époque. Vers 1940, débute également la construction d'un 4° étage sur l'aile sud (avenue Villarceau).


Un des grands mérites de l'ENH (École Nationale d'Horlogerie) est de savoir en son temps dépasser totalement sa vocation proprement horlogère pour se diversifier et ainsi survivre très facilement à la disparition progressive de sa fonction initiale. La fabrication d'une montre implique une plongée dans le secteur de l'outillage et donc dans celui de la construction mécanique. Si on veut que cette montre «ait de la classe» on doit regarder du côté de la bijouterie et de la gravure d'où une sensibilisation aux métiers de l'art. Naturellement l'évolution des techniques horlogères conduit rapidement à l'électricité et l'électronique.

• L'esprit de "l'horlo"

En devenant en 1978 le Lycée Technique d'État J. Haag, puis en 1987 le Lycée polyvalent J. Haag, le vieil établissement bisontin qui véhicule sa riche culture technologique s'aligne sur les autres lycées, eux aussi polyvalents, de la ville dans sa fonction d'enseignement général, mais il garde une certaine coloration qui le distingue des autres.

Il est intéressant de brosser un tableau sociologique de l'École d'Horlogerie. Dans l'esprit de l'abbé Faivre, qui créa l'école professionnelle, cela devait être une œuvre sociale, qui ciblait une population pauvre mais laborieuse (n'oublions pas que ce prêtre fréquentait le même quartier et les mêmes milieux que Proudhon). Par rapport aux Lycées V. Hugo (pour les garçons) et Pasteur (pour les filles), l'École d'Horlogerie propose une alternative plus sociale assurant un débouché professionnel dans la région même d'où le capital de sympathie qu'elle peut acquérir surtout auprès des milieux populaires très imbriqués dans le tissu industriel bisontin. L'horlogerie n'est plus : vive les microtechniques.

• La mutation de "l'école d'horlo" en lycée polyvalent a été marquée par quelques étapes 

Introduction du contrôle industriel et de la régulation automatique

Dans les années 50 et 60, naît au sein de l'école, un département dont l'activité s'éloigne notablement de l'esprit horloger et dont les débouchés dépassent largement et volontairement le cadre franc-comtois. Il s'agit de la section de techniciens supérieurs en contrôle industriel et régulation automatique (CIRA). Dans cette activité, la mesure du temps ne constitue plus le but en soi, mais participe avec bien d'autres mesures physiques à la maîtrise des relations multiples entre causes et effets dans des processus automatiques industriels continus.

L'agencement ou les artistes de "l' Horlo"

Tandis que "l'Horlo" diversifie ses champs de compétences technologiques, elle crée la section d'agencement et d'architecture intérieure, alliant le goût de l'esthétique et l'étude des sciences et techniques.

Pour comprendre l'une des motivations initiales de cette création marginale, on remarquera que le matériau travaillé est à l'origine essentiellement le bois. Or l'École d'Horlogerie a toujours disposé d'un atelier de travail du bois qu'elle avait hérité de l'ancienne EPS (École Primaire Supérieure).

Les automatismes industriels et le bac de physicien F5.

Avec le début des années 70 apparaissent deux nouvelles sections intéressantes qui, chacune à sa façon, présentent des parentés avec la régulation.

Il s'agit d'abord de la section de techniciens supérieurs en mécanique et automatisme industriel (MAI).

Adieu horlogerie, bonjour informatique, habillement et polyvalence.

La poursuite au Lycée des techniques de pointe dans le secteur des systèmes automatisés, introduit dès 1970 (T2000) le tout premier ordinateur, et en 1974 la première machine à commande numérique. Cette démarche conduit à suivre et même devancer l'évolution des nouvelles technologies.

Un CAP d'industrie de la maille et de l'habillement existe depuis 1988. Il est suivi en 1989 d'un BEP et d'un brevet de technicien. Enfin vers 1991, ce type d'activités se hisse au niveau BTS. Cette demande permet au lycée Jules Haag de transformer de vastes ateliers de mécanique en atelier de couture et d'usinage de « matériaux souples ». Ainsi, des mannequins habillés de broderies ont remplacé des fraiseuses.

Sous l'impulsion de M. Dunoyer, Proviseur, le Lycée Technique d'État Jules Haag change de vocation dans les années 87-88 et devient le lycée polyvalent Jules Haag en se dotant de sections scientifiques classiques du type C et D ainsi que l'option B Sciences économiques et sociales. Les trois axes de fonctionnement ainsi définis sont : polyvalence, modernité, communication.